• Le mythe de l’Islande anticapitaliste et révolutionnaire : les faits, rien que les faits

    by  • 2013/01/20 • Économie, Politique • 75 Comments

    Ce qu’il se passe réellement en Islande

    IslandeFauxRévolutionTraduction de l’article en anglais de  () sur la situation réelle de l’économie, de la justice et des institutions en Islande depuis le crash bancaire de 2008, confrontée aux mythes répandus sur les réseaux sociaux. 29 décembre 2012.

    Parce que je suis fatigué que vous répandiez des contre-vérités

    Puisque les gens continuent de répandre les allégations douteuses que l’Islande « a dit aux créanciers et au FMI d’aller se faire voir, a nationalisé les banques, a arrêté les fraudeurs, a réalisé des allègements de dette et est maintenant en très forte croissance, merci », il m’apparaît que je dois écrire cet article.

    (Cet exemple précis vient de Twitter, mais est presque identique, mot pour mot, au classique mantra « l’Islande est une utopie économique » qui se répète ad nauseam.)

    Parce que, pour quelque raison, les gens ne croient pas les Islandais lorsqu’ils disent que ce qui précède n’est pas tout à fait la réalité dont la plupart des Islandais font l’expérience.

    L’Islande donne une leçon de démocratie au reste du monde en affrontant le système bancaire.
    L’exemple typique de message que l’on retrouve sur les réseaux, totalement démenti par l’auteur.

    1. L’Islande a dit à l’IMF d’aller se faire voir, de partir, a quitté le programme de l’IMF etc.

    Non, ce n’est pas le cas. Il suffit de regarder la page de la synthèse du FMI pour l’Islande et de lire les rapports.

    https://www.imf.org/external/country/ISL/

    (Trop de choses à lire ? Eh bien, bouhou. Ne pas prétendez pas savoir ce qu’est la relation entre l’Islande et le FMI tant que vous n’aurez pas lu.)

    Même un regard superficiel devrait vous apprendre que l’Islande n’a pas jeté le FMI hors du pays et que le FMI ne tarit pas d’éloges pour l’Islande et notre gouvernement et que l’Islande a suivi les conseils du FMI à la lettre. Il y a d’autres détails, si vous avez lu dans les archives, qui sont intéressants, comme le fait que, dans plusieurs cas, surtout quand il a été question des banques, l’Islande est en fait allée plus loin dans la logique libertarienne que ne le recommandait le FMI [ndt : libertarian, voir cette définition]

    Une révolution démocratique et anticapitaliste a lieu en Islande

    2. L’Islande a dit aux créanciers d’aller se faire voir.

    Oui et non. L’Islande n’a pas renfloué les banques effondrées, mais ce n’est pas faute d’avoir essayé. Si vous aviez lu le Rapport de la Commission Spéciale d’Investigation vous auriez pu y trouver que le gouvernement islandais a tenté tout ce qu’il pouvait pour sauver les banques, y compris en demandant des prêts insensés pour payer les dettes des banques.

    Le rapport: http://sic.althingi.is/

    La plus grande partie, et la plupart des trucs vraiment juteux à mon avis, n’est disponible qu’en islandais, malheureusement. Vous pouvez trouver la version islandaise ici: http://rna.althingi.is/

    Donc, la véritable histoire c’est que l’Islande a essayé et essayé et essayé et essayé aussi fort que nous le pouvions de sauver les créanciers. La seule raison pour laquelle nous n’avons pas réussi, c’est que le gouvernement islandais, hier comme aujourd’hui, est complètement incompétent.

    Choses absurdes que les officiels islandais ont fait tout en essayant d’obtenir un soutien international (mentionnées dans le rapport) :

    • Prendre une réponse évasive mais positive de la part des Russes pour un accord de prêt, fâchant les Américains et les Russes et résultant en aucun prêt de leurs parts à tous les deux.
    • Ne pas répondre à l’appel téléphonique d’Alistair Darling (à l’époque chancelier de l’Échiquier – ministre des Finances du Royaume Uni). Ils l’ont littéralement mis en attente, puis lui ont dit de rappeler plus tard et ont raccroché.
    • Annoncer à la télévision en direct que nous n’allions pas aider les créanciers, y compris les déposants, alors qu’ils étaient en pleine négociation pour le financement du sauvetage desdites banques. Puis revenir en arrière pour obtenir de l’aide de l’UE.
    • Mentir au gouverneur de la Banque d’Angleterre et au président de la Banque Centrale Européenne à propos de l’état des banques.

    Et bien plus encore. Tout est dans le rapport spécial. Lisez-le si vous vous souciez de ce qui s’est passé en Islande. La version courte est qu’ils ont essayé de sauver les banques, de sauver les créanciers et ont complètement foiré.

    Autres morceaux choisis de ce rapport : les parlementaires islandais ont reçu de la part des banques beaucoup d’argent gratuit sans obligation liée, et les acteurs clés de la bulle bancaire et de l’effondrement en suivant ne sont pas les mêmes que ceux qui ont été reconnus coupables de fraude ou de délit d’initié.

    À l’exception de deux :

    • Le chef de cabinet d’un ministère (également mon homonyme) qui a vendu la totalité de ses actions, peu après avoir assisté à une réunion sur l’état des banques a été condamné pour délit d’initié. Baldur Sakfelldur. La seule raison pour laquelle il a été condamné est qu’il était trop stupide pour même essayer de brouiller les pistes.
    • Et Lárus Welding, que certains considèrent comme un acteur clé et est mentionné à plusieurs reprises dans le rapport, a été condamné hier et sera emprisonné pendant six mois, plus trois mois de probation. Il conserve tout l’argent qu’il a fait et compte faire appel. Compte tenu de la pente libertaire de la haute cour, sa condamnation n’est pas encore une certitude. La peine de prison qu’il vient d’obtenir devant les tribunaux d’instance inférieure est beaucoup beaucoup plus réduit que le procureur l’espérait, ce qui n’augure rien de bon pour les affaires ultérieures.

    (Une histoire plus récente sur sa condamnation. Cela devrait fonctionner correctement dans Google translate et vous pouvez hocher la tête tout le long de la vidéo, en faisant semblant de comprendre.)

    Le Premier ministre a été reconnu coupable de négligence dans son travail, mais reste complètement impuni. Pas de peine de prison, aucune amende, rien. Je dirais de lui qu’il était un bouc émissaire s’il ne s’en était pas sorti indemne.

    The Guardian : L’ex-Premier Ministre islandais Geir Haarde blanchi de négligence bancaire [Iceland ex-PM Geir Haarde cleared of bank negligence]. L’article de The Guardian était initialement intitulé « l’ex-Premier Ministre islandais Geir Haarde reconnu coupable du krach bancaire » [Iceland ex-PM Geir Haarde found guilty of banking crash failure], titre qui a été diffusé sur Twitter, ce qui bien sûr est le contraire absolu de la vérité.

    Icenews : L’Ancien Premier ministre islandais Geir H. Haarde déclaré non coupable [
    Former Icelandic Prime Minister Geir H. Haarde found not guilty]

    Tous les autres qui ont été condamnés à ce jour sont à la bulle bancaire islandaise ce que Bernie Madoff est à Goldman Sachs : des fraudeurs qui ont profité du climat, mais n’étaient pas des acteurs clés dans la bulle ou l’effondrement.

    C’est un peu comme arrêter un lieutenant nazi quand Hitler et Goebbels courent toujours. Que dois-je en dire ? Bien joué ? C’est du menu fretin mais je suppose que c’est un début ? Les tapoter sur la tête et dire meilleure chance la prochaine fois ?

    Bah, fumisterie.

    (Je suppose que ce qui précède répond également à 3. L’Islande a arrêté les fraudeurs, ce qui montre que ce n’est manifestement pas le cas. L’Islande a arrêté quelques fraudeurs : les pions, du menu fretin, et les laquais.)

    4. L’Islande a nationalisé les banques.

    C’est bien vrai. Puis l’Islande les a de nouveau privatisées en un temps record. Deux des trois grandes banques effondrées en Islande sont désormais détenues par les créanciers. (« Mais je croyais que l’Islande emmerdait les créanciers ? » Hah ! Ouais, elle est bonne celle là.) La troisième banque, Landsbanki, est encore nationalisée mais c’est uniquement à cause des affaires judiciaires en cours impliquant Icesave (plus sur ça plus tard).

    La plupart des créanciers ont effectivement vendu leurs participations à des fonds étrangers, des fonds vautours, etc. Encore une fois, traduisez le sur Google si vous vous souciez réellement des faits.

    Ainsi, non seulement l’Islande a re-privatisé le système bancaire, mais nous l’avons vendu à l’étranger.


    Ajouté après édition : quelques détails supplémentaires sur la nationalisation

    Comme souligné, le gouvernement n’a techniquement jamais nationalisé les banques, il a juste pris le contrôle en utilisant une loi d’urgence après qu’elles ont fait faillite. Alors qu’il semble raisonnable d’appeler nationalisation le contrôle et la gestion par le gouvernement des banques, et même si l’on appelle cela familièrement une nationalisation, à proprement parler le terme ne s’applique pas ici. Ce qui fait tout simplement du mantra « L’Islande a nationalisé ses banques » encore plus un mensonge.

    Le gouvernement a confié le contrôle des banques aux créanciers à peu près quinze mois plus tard.

    Ou, techniquement, ils ont remis le contrôle des banques aux receveurs [?], gérant les anciennes banques du secteur, qui à leur tour les gèrent pour les créanciers, plusieurs d’entre-eux n’ayant pas été identifiés.

    Établir l’identité des créanciers et leur nationalité a pris beaucoup de temps et est encore relativement incertain.

    La nationalité des créanciers est importante parce que les banques ont repris plusieurs entreprises dont la propriété est réglementée par la loi en Islande. Les entreprises de pêche doivent être détenues uniquement par des Islandais ou des entreprises de propriété islandaise, par exemple. Il y a également des limites sur la nationalité des propriétaires d’entreprises dans les secteurs de l’énergie et d’autres industries réglementées.

    Ainsi, les receveurs n’ont pas encore remis le contrôle direct des banques aux créanciers. Il y a de bonnes chances qu’ils ne le feront pas tant que les banques se sont pas départies de la propriété d’entreprises dont la nationalité des propriétaires est réglementée.

    Certaines des banques en faillite ne restèrent sous contrôle du gouvernement que quelques semaines. SPRON, par exemple, a fusionné avec la Banque Arion qui à son tour a été donnée à ses créanciers quelques semaines plus tard. Les clients de SPRON, comme moi, furent essentiellement un cadeau gracieux pour les créanciers étrangers de Kaupthing.

    Pourquoi est-ce un timing record ?

    Parce que la bulle bancaire et le crash étaient une affaire très compliquée. Nous ne savons toujours pas exactement ce qui s’est passé, où est passé l’argent, qui possédait quoi et qui a réellement pris les décisions. Les banques islandaises ont utilisé des droits de propriété complexes et des structures d’entreprise pour se cacher et masquer les détails. Ces structures étaient si compliquées et tortueuses qu’elles font du montage Enron un jouet à peu près aussi complexe qu’un Fisher-Price. Trier parmi les décombres et faire en sorte que le gouvernement sache réellement ce que les banques étaient, reconstruire un système bancaire, réformer les organismes de régulation, et autres, prend plus de quinze mois et, dès lors que le gouvernement a abandonné le contrôle il a rendu à peu près impossible l’adoption des réformes dont il y avait besoin.

    (Bon nombre des réformes qui résoudraient la crise de la dette des ménages en Islande, par exemple, ne sont possibles qu’avec la coopération des banques.)

    En outre, les banques sont sous le coup d’enquêtes pour fraude, évasion fiscale, manipulation du marché et délit d’initié. Dès que les créanciers ont repris les banques, les banques elles-mêmes (en particulier les filiales à l’étranger, mais détenues entièrement [sous propriété islandaise ? ndt]) sont devenues beaucoup moins coopératives et ont commencé à se protéger à nouveau derrière le secret bancaire.

    C’est mon avis qu’en redonnant aux banques [le contrôle ? ndt] si tôt, le gouvernement a détruit le peu de chance que l’Islande avait pour la réforme bancaire et a saboté les enquêtes criminelles en cours.


    5. L’Islande a procédé à un allègement de la dette.

    La réponse à cette question est oui, mais pas vraiment. La clé pour comprendre ce qui s’est passé, c’est de faire de votre mieux pour ne pas être un imbécile numériquement analphabète qui refuse de lire les sources originales. Je sais. C’est dur. Pourtant, vous devriez essayer. Cela rendrait votre mère heureuse.

    Il y a eu beaucoup d’allègements de dette par ici. Le 1% le plus riche a vu la quasi-totalité de ses dettes annulée, par exemple. N’était-ce pas gentil de la part des banques ?

    Pour le reste d’entre nous, la situation est beaucoup plus compliquée.

    L’endettement des ménages en Islande est réparti sous deux formes :

    1. Prêts liés à un indice de devises.
    2. Prêts liés à l’indice des prix à la consommation.

    Les prêts de type A ont plus que doublé au cours de l’effondrement. Ceux qui devaient un million ont fini par devoir deux millions, etc. Il y a eu un peu de réduction de la dette pour les prêts devises parce qu’ils étaient manifestement illégaux.

    1. Un Islandais en quasi-faillite attaque la banque en justice parce que le prêt était illégal. (2011) (2012)
    2. Le tribunal oblige la banque à reprendre le prêt.
    3. Le gouvernement soutient que la décision du tribunal ne constitue pas un précédent et définit une loi qui limite l’étendue de l’allègement de la dette. Exemple.
    4. Un Islandais en quasi-faillite attaque la banque en justice parce que le prêt était illégal, et parce que la législation gouvernementale qui en découle était illégale, gagnant le procès. Par exemple.

    Ce tourne en rond encore et encore. Le gouvernement islandais a combattu bec et ongles l’allègement de la dette, avec toutes les ressources et outils à sa disposition. De quelque manière que l’on regarde, ils ont été les copains du système bancaire.

    Les prêts de type B sont un peu plus compliqués et nécessitent plus d’explications.

    Normalement, lorsque les prêts sont liés à l’indice des prix à la consommation (une chose rare en soi dans d’autres pays), les remboursements augmentent en ligne avec l’inflation.

    Le système islandais est différent. Si vous empruntez 100 000 couronnes par an et que l’inflation passe à 10% (pas rare à l’époque post-effondrement, l’inflation a varié entre 4% et 20%), alors à la fin de l’année, vous devez 110 000 couronnes, même si vous avez payé des intérêts. Cela signifie que si votre prêt hypothécaire est de ce type B, vous ne parviendrez jamais à le rembourser, parce que l’Islande depuis qu’elle a sa propre monnaie n’a jamais réussi à avoir une faible inflation.

    La couronne islandaise a été introduite en 1922 à parité avec la couronne danoise et a depuis lors perdu 95,95% de sa valeur. L’inflation est endémique et permanente en Islande.

    La plupart des prêts en Islande sont de type B, des crédits indexés sur les prix.

    Il y a eu un programme d’allègement appelé la règle de 110%, qui a réduit toute hypothèque qui était de plus de 110% de la valeur de la propriété à 110% de la valeur de la propriété. Ceux qui étaient sous l’eau sont restés sous l’eau et cela ne les a guère aidé, car quelques mois plus tard, ils sont de retour là où ils en étaient.

    Dans l’ensemble, l’allègement de la dette des ménages s’élève à 196,3 milliards d’ISK [couronnes islandaises, ndt] tandis que les prêts indexés ont augmenté de 360 ​​milliards d’ISK depuis septembre 2008 en raison de cette indexation. Source.

    Fondamentalement, les ménages sont moins bien lotis qu’ils ne l’étaient, pas mieux lotis, et les programmes de réduction de la dette n’étaient rien de plus que des manœuvres politiques pour gagner des voix, pas d’amnistie de la dette à proprement parler comme celle pour laquelle le mouvement Occupy avait fait campagne.
    Plus sur les prêts islandais indexés : 1 2

    Le petit détail avec le système de prêt en Islande, c’est que seuls les idiots ont contracté des prêts qui indexés à une monnaie étrangère. Quiconque sait compter et s’assit devant les chiffres pouvait voir que les prêts en devises étrangères étaient un risque incroyablement stupide à prendre ; ainsi tous les gens sensés, toutes les personnes qui ont bénéficié de peu ou pas d’allègement de la dette, avaient contracté des prêts indexés sur les prix. Les idiots et les irresponsables prirent les prêts indexés aux devises et ont été récompensés par une part disproportionnée du peu d’allègement de la dette qu’il y a eu.

    Encore et toujours, en Islande les fiscalement sensés et judicieux sont punis.

    6. L’Islande est désormais en très forte croissance

    Sauf si vous êtes le genre de personne qui regarde un enfant atteint de leucémie et dit : « regarde-moi ce petit Charlie chauve, comme il devient fort en grandissant », alors je dois dire non à cette question. Survivre n’est pas croître fortement.

    L’inflation pour 2012 est de l’ordre de 4%, en 2011 elle était de l’ordre de 5%.

    La croissance est estimée à 2,7% pour 2012 et était de 2,6% en 2011. (Sources : http://www.hagstofa.is/ l’estimation.)

    Pour les innumérés parmi vous, les chiffres ci-dessus montrent que l’économie islandaise tourne pour rester sur place. Ce n’est pas de la forte croissance ou de la bonne santé. C’est prendre son temps [« This is ambling about » ?, ndt], ne pas mourir, à peine. Surtout quand on regarde les chiffres de http://www.hagstofa.is/ et http://www.sedlabanki.is/ qui montrent que la plus grande partie de cette croissance provient de la croissance d’une bulle immobilière en Islande. Les entreprises ne récupèrent pas.

    Salaires avant impôt en Islande. La nouvelle bulle immobilière en Islande.

    Aussi, gardez à l’esprit que la croissance est mesurée en couronne islandaise qui a une valeur d’environ 20-50% de ce qu’elle était en 2008, ce qui signifie que ces chiffres de croissance ne sont rien de plus que des erreurs d’arrondi dans l’effondrement de l’Islande en termes de devises étrangères.


    Ajouté après édition : Plus de détails sur le problème de la croissance

    Je ne pense pas que les gens ont compris ce que je voulais dire avec la section sur le PIB. C’est de ma faute. J’aurais dû l’expliquer. Ce que je n’ai pas fait, ce qui était stupide de ma part.

    Le revenu a baissé pour les ménages islandais. Leur dette est indexée. La croissance est en grande partie due à une résurgence de la bulle immobilière et au retour à la croissance pour les banques en raison des prêts indexés s’envolant vers des sommets ; c’est à dire que les ménages n’en bénéficient pas beaucoup, voire pas du tout. Ils ne peuvent pas puiser dans le marché immobilier en plein essor parce qu’ils sont déjà surendettés, les lois islandaises sur la faillite empêchent les gens d’échapper à leur prêt hypothécaire (vous ne pouvez même  pas y échapper en mourant, si vous décédez, vos enfants devront le payer) et le marché immobilier est largement dominé par de l’argent captif, du capital étranger qui ne peut s’échapper à cause des restrictions de change.

    C’est pourquoi j’ai mentionné le chiffre de l’inflation. Lorsque votre prêt hypothécaire est indexé et votre salaire est statique ou en baisse, une inflation élevée détruit complètement tout avantage économique que votre ménage peourrait obtenir de la croissance économique. La prévalence des prêts indexés signifie que l’inflation a un effet négatif disproportionné sur les ménages, en particulier par rapport à d’autres pays où vous pouvez obtenir des prêts non indexé.

    Plus l’inflation est élevée, peu importe combien la croissance est forte, il y a toutes les chances que le résultat final sera dévastateur pour les ménages islandais. Ainsi, même si l’Islande atteint une croissance miraculeuse de 5%, si l’inflation sous-jacente est de 10%, alors le résultat sera un désastre économique national dû au fait que la majorité des prêts islandais et des prêts hypothécaires sont liés à la variation déformée et excentrique, toute islandaise, de l’indice des prix à la consommation.

    Et pour la même raison, si l’Islande avait atteint une croissance de 2,6% par rapport à une inflation de 2% (au lieu de 4%), les effets économiques sur le fardeau de la dette des ménages aurait été différents et nous ne serions pas confrontés à une crise aussi imminente que celle vers laquelle nous faisons face, alors que nous entrons en 2013.

    L’inflation compte vraiment en Islande.

    Je reconnais que je n’avais pas traité ce point correctement. J’ai juste supposé que les gens comprendraient ce que je voulais essayer de faire après avoir lu la section sur les prêts indexés en Islande. Comme je l’ai dit, l’inflation augmente directement le fardeau de la dette des ménages en Islande tandis que la rémunération n’a pas bougé (en fait elle a baissé un peu si vous étudiez les derniers chiffres). C’est pourquoi vous ne pouvez pas parler de croissance en Islande sans introduire le taux d’inflation en contexte. Dans les économies normales, une inflation sous-jacente de 4% avec une croissance de 2,6% n’entraîne pas l’augmentation du principal du prêt de tout le monde de 4% sur l’année. Mais c’est exactement ce qui se passe en Islande. Donc, il faut considérer l’inflation dans tout débat sur la croissance en Islande.

    J’avais supposé qu’après avoir discuté de l’indexation, juste mentionner l’inflation dans un contexte de croissance serait suffisant pour que les gens comprennent ce que je voulais dire. Ce qui était manifestement stupide, car il n’y avait aucun moyen que cela se produise sauf aux lecteurs à pouvoir lire dans les pensées.


    7. Icesave

    C’est la racine de toutes ces absurdités. La version courte de l’histoire est que Landsbanki, gérée par le fraudeur reconnu coupable Björgólfur Guðmundsson (ce qui en soi aurait dû être un avertissement pour vous les gens), lança un programme douteux de compte d’épargne qui promettait des rendements surréalistes aux Royaume-Uni, Pays-Bas, et ailleurs, collecta de l’argent à partir d’une bande d’idiots cupides, fit faillite et l’argent disparut dieu sait où.

    Vous pouvez trouver un aperçu plus ou moins raisonnable sur le différend Icesave sur Wikipedia : http://en.wikipedia.org/wiki/Icesave_dispute [fr]

    Björgúlfur et son fils, nota bene, n’ont pas été poursuivis pour quoi que ce soit, en dépit d’avoir été des acteurs clés dans la bulle bancaire et son effondrement consécutif.

    Le Royaume-Uni et d’autres gouvernements couvrirent promptement ​​tous les dépôts en totalité, ne se limitant pas à la quantité garantie par la loi, puis se retournèrent et demandèrent que l’Islande les rembourse, avec des taux d’intérêt exorbitants.

    L’Islande dit oui. Le gouvernement islandais dit oui, mais ajouta quelques clauses raisonnables concernant les taux des versements et ce genre de choses et renvoya le tout aux Britanniques et aux autres.

    Les Britanniques dirent non. Payez-nous tout, avec des taux d’intérêt de requin, ou alors.

    Donc, l’Islande dit oui à nouveau. Le gouvernement et le parlement acceptèrent les termes fous malgré les protestations massives des citoyens islandais. Le président refusa de signer, forçant un référendum sur le projet de loi. Les Islandais rejetèrent massivement l’accord de prêt.

    Le Président d’Islande explique pourquoi son pays s’est remis si rapidement de la récession : « Le gouvernement a renfloué les gens et emprisonné les banksters – l’opposé de ce que l’Amérique et le reste de l’Europe a fait. »

    Va et vient deux ou trois fois, les électeurs islandais refusant de payer à chaque fois. À la fin les Britanniques et les autres abandonnèrent et sont poursuivent maintenant le gouvernement islandais dans divers tribunaux pour essayer d’obtenir les taux d’intérêt qu’ils veulent.

    Quelques petites choses à noter ici:

    • Les gouvernements islandais ont toujours accepté les termes des Néerlandais et des Britanniques. Ils sont d’accord avec eux que nous devrions payer.
    • Les électeurs ne sont pas d’accord et n’ont leur mot à dire que parce que le président tient à ce que tout le monde oublie qu’il est un collaborateur bankster qui se trouvait dans la poche des banques jusqu’au crash.
    • Icesave est payé, peu importe ce que les électeurs islandais disent. Le litige porte uniquement sur l’importance des taux d’intérêt. (Bretar fá greitt.) L’Islande n’a pas refusé de payer Icesave, la majorité en est déjà réglé et le gouvernement envisage de payer le reste. Le conflit et les référendums ont été entièrement pour savoir si nous devons payer des taux d’intérêt d’usurier ou non.

    Il y a plus

    Je pourrais continuer sur la façon dont le service de la dette des ménages prend une part de plus en plus importante du budget de chaque Islandais, comment les niveaux de revenus se sont effondrés, comment les compressions budgétaires ont donné lieu à des chutes importantes dans la qualité du service, à la fois dans les services de santé et dans le système éducatif. Je pourrais parler de la façon que le gouvernement islandais a eu de croire en tout le mythe de l’austérité. Je pourrais parler de comment le système de protection sociale de l’Islande, de style nordique, est en cours de démantèlement. Je pourrais parler de la façon dont les personnes âgées meurent de faim ou de la façon dont les pauvres se voient refuser de l’aide. Je pourrais parler de la fuite des cerveaux alors que les spécialistes fuient le pays. Je pourrais parler de la façon dont la sélection des produits dans les épiceries s’est effondrée. Je pourrais parler de la crise politique où aucun des partis politiques n’ose prendre position contre les banques. Je pourrais parler de la façon dont les banques sont à nouveau en expansion en jouant exactement le même jeu que dans la bulle. Je pourrais continuer encore et encore, mais si vous n’avez pas écouté jusqu’à présent, rien de ce que j’ai à dire ne saurait vous convaincre.

    Bien sûr, cela signifie que vous êtes un idiot qui refuse de reconnaître les faits, mais, heureusement, être un crétin est votre fardeau, pas le mien.

    Finalement, qu’est-ce qui se passe ?

    Pourquoi ces mythes sont répandus sur l’Islande ? Pourquoi les gens pensent-ils que l’Islande est un paradis progressiste alors qu’en réalité c’est un rêve humide thatchérien ? Pourquoi l’Islande est-elle exhibée par le mouvement Occupy comme un exemple de la façon dont les choses devraient se faire ?

    Je ne sais pas. Ma théorie, appuyée sur les noms de ceux qui semblent être les sources des plus grands mythes, c’est qu’il y a un groupe d’Islandais manifestement en train de mentir aux étrangers.

    Peut-être qu’ils font cela pour soigner leur orgueil nationaliste blessé, qu’ils se sont convaincus que c’est vrai et que l’Islande est vraiment formidable et unique. Peut-être est-ce parce qu’ils retirent profit de mentir aux étrangers crédules. Cela était un sport national au cours de la bulle bancaire et a été une tactique classique de l’Islande à travers les âges, mais je ne peux pas écarter le rôle du nationalisme idiot dans tout ce non-sens.

    Je ne sais pas. La seule chose que je sais, c’est que l’on vous ment et que les Islandais sont très bons pour se mentir à eux-mêmes. S’ils ne l’étaient pas, nous ne serions pas dans ce pétrin.


    Ajouté après édition : Ce n’est pas un article de blog sur l’économie. Diriger les gens vers le rapport public, [dire] quelle législation a été effectivement adoptée ou laquelle ne l’a pas été, quels procès ont été gagnés ou perdus, qui a été poursuivi ou pas, quelles mesures le gouvernement a pris ou non, ce n’est pas de l’économie et ça n’est pas sujet à interprétation. Vous pouvez débattre sur les effets à long terme de la législation qui a été adoptée (et il y a un débat à avoir là), mais ce qui a été fait et ce qui ne l’a pas été n’est pas soumis à discussion.

    La seule chose discutable dans [cet article de] blog est de savoir si vous pensez que les chiffres de croissance sont positifs ou non. (Si vous pensez que les chiffres de croissance sont prometteurs, cela ne fait que me montrer que vous ne comprenez pas la crise du système de retraite en Islande, l’effondrement imminent de la caisse nationale du logement, ou la bulle immobilière en plein essor, mais je vais reconnaître que vous pouvez débattre de ces questions. Le reste, non, ça n’est pas sujet à débat. Il y a des choses que le gouvernement islandais a fait et il y a des choses qu’il n’a pas faites. Ses actions sont enregistrées.)

    Ajouté après édition 2 : J’ai ajouté ce qui suit dans les commentaires, cela mérite une mention ici.

    Une autre chose à mentionner est que même si Lárus Welding perd son appel et que la peine de prison de six mois + trois mois sous libération conditionnelle est confirmée, cela ne signifie pas qu’il va effectivement être en prison pour six mois.Telle que fonctionne l’incarcération en Islande, il est susceptible d’être dans une maison de transition avec un traceur GPS sur sa cheville dans deux mois, et complètement libre dans trois, accomplissant les six autres en libération conditionnelle. Et il conserve tout l’argent qu’il s’est fait. Ce qui représente de grandes quantités.

    Baldur Guðlaugsson, l’autre grand coupable mentionné, n’a effectué que six mois sur 24 en prison.

    Baldur Bjarnason ()

     



    L’auteur ajoute également dans les commentaires, concernant la révolution constitutionnelle en Islande :

    La révolution des pots et casseroles est morte depuis longtemps. Le peu qu’il en reste est mort quand le processus de réforme constitutionnelle a déraillé.

    En bref : le projet de proposition par le conseil est en cours de réécriture par les politiciens et les commentaires des spécialistes de la Constitution ont été ignorés. Le Parti de l’Indépendance, le probable vainqueur de l’élection du printemps prochain a déclaré qu’il ne se considère pas comme lié par le référendum sur la constitution, ce qu’ils peuvent dire vu que le référendum n’était pas contraignant. Les manifestations ont cessé depuis bien longtemps. Nous voyons même quelques manifestations anti-réforme organisés par des pouvoirs politiques comme les barons de la pêche. Les nouveaux mouvements politiques se sont scindés en petits fragments qui sont peu susceptibles d’entrer au parlement. La situation ne semble pas bonne.

    Ce qui rejoint l’analyse de cet article.

    Le groupe de presse Pressenza s’est rendu en Islande et fait part de son grand étonnement, de sa déception sur l’avancée et les résultats de la « révolution » islandaise :

    Alors, qu’est-il arrivé à la Constitution ? Quels sont les contrôles bancaires mis en œuvre? Quel est le stade de développement d’une véritable démocratie? Telles sont les questions qui nous intéressent.

    Les réponses ne sont pas très exaltantes !

    Le panel de 25 membres chargés de rédiger la constitution avait les poings liés dès le début par les tribunaux qui considèrent la procédure comme illégale.

    […]

    Ainsi, il y a un processus d’élaboration de la constitution qui est dépouillé de tout pouvoir contraignant, la préparation d’une constitution qui ne s’attaque pas aux problèmes de la crise bancaire, et en plus le gouvernement refuse de toutes façons d’adopter les modifications proposées !

    Nous n’attendions pas du tout ces réponses. Nous avons imaginé une constitution exaltante fondée sur la valeur des droits de l’homme, de nouveaux mécanismes d’une démocratie réelle et directe et le contrôle des banques, mais la révolution islandaise n’a pas produit de tes (sic) résultats.

    À noter aussi cet article très détaillé qui s’appuie sur notre traduction du coup de gueule de Baldur Bjarnason et recoupe les informations, concordant avec ses propos.

    Que reste-t-il du modèle islandais de traversée de la crise et de réformes à la fois bancaires et démocratiques, après la lecture de cet exposé ?

    75 Responses to Le mythe de l’Islande anticapitaliste et révolutionnaire : les faits, rien que les faits

    1. Silikk
      2013/01/21 at 21:36

      “l’Islande est en fait allée plus loin dans la logique libertaire que ce que le FMI a recommandé.”
      Euh pas “libertaire” alors du coup, mais plutôt “libérale”…

      • 2013/01/21 at 21:57

        J’ai hésité, il utilise « libertarian » comme terme, or il ne me semble pas que sa traduction soit « libéral » mais bien « libertaire ». Néanmoins il est difficile de s’y retrouver dans les équivalences Français-Anglais des mots autour de « liber* ».

        • 2013/01/22 at 00:00

          “libéraliste” ?

          • 2013/01/22 at 01:12

            Après avoir de nouveau creusé la question, je crois bien qu’il ne se trompait pas de mot et qu’il s’agit donc de libertarien, partisan du libertarianisme. J’ai rajouté une note à proximité, dirigeant vers la définition :)

            • astérix
              2015/06/25 at 10:16

              libertarien aux usa c’est libéral. Le terme liberals a été repris par les gauchistes ce qui fait qu’aujourd’hui un liberals en anglais s’est plutot un qsocial démocrate. les libéraux ont du trouvé un nouveau terme: libertarien

        • Antoine Chollet
          2013/01/22 at 01:06

          “libertarien” est la traduction habituelle, pour bien les différencier des libertaires et des libéraux.

          • yugz
            2013/01/22 at 22:10

            Salut !!
            Non c’est bien “libertarien’”… Si vous préférez anarcho-capitaliste : Destruction de l’Etat et privatisation de toute ses missions, car seul la loi du marché est juste… ultra de chez ultra libéralisme si vous préférez

            • Antoine
              2013/03/10 at 06:49

              En faits, un pays qui a nationalisé ses banques et réglementé son marché ne pas être peuplés de trop de ces crétins de libertarien.

        • 2013/01/23 at 11:46

          “Libertarian” est bien une traduction de “libertaire” exportée aux USA, mais le sens en a changé. Le terme “libertaire” ne désigne plus les libertaires de gauches, anarcho-communistes et consorts mais signifie ultra libéral et nous avons donc du retraduire le terme en français pour traduire cette idée avec l’horrible “libertarien”.

          • 2013/01/23 at 12:16

            Pourtant j’ai déniché il y a peu le journal français Le monde libertaire, qui est anarcho-communiste – pour autant que je puisse en juger. Le problème tient surtout au fait que certains s’attachent aux sens d’origine et d’autres aux nouveaux sens, sans que ni les uns ni les autres ne le précisent. D’où cette confusion autour des idées libéralo-libertaro-libertariennes ^^
            Quant au mot ultra-libéral, il ne veut rien dire à mon avis puisque ceux qui sont ainsi qualifiés sont alternativement (dans le temps et les circonstances) interventionnistes ou dérégulateurs. Voir par exemple cet article sur le rôle du capitalisme de connivence dans la crise http://sans-commentaire.info/2012/08/27/de-la-responsabilite-du-liberalisme-dans-la-crise/ D’ailleurs, cette article sur l’Islande l’illustre très bien, avec un gouvernement qui vient à la rescousse des « amis » (ceux qui partagent les mêmes intérêts) endettés mais pas des ménages, après avoir libéralisé à outrance le système bancaire et avant de le libéraliser à nouveau.

            • de
              2013/01/25 at 00:02

              libertarianisme = anarcho-capitalisme

        • 2014/01/24 at 23:30

          la traduction exacte est un calque de l’anglais : Libertarien, va beaucoup plus loin que le simple Libéral (au sens qu’on lui donne en France de purement économique. Dans le monde anglo-saxon, c’est quasiment synonyme de Progressiste) et permet de ne pas confondre avec le Libertaire, qui effectivement, se rapproche de l’Anarchiste, soit relativement éloigné du Libéral, sauf si on mélange les différentes acceptions du mot Liberté d’une culture à l’autre.

          Thomas, traducteur

          • Stof
            2014/02/10 at 20:20

            Un libertarien, c’est une sorte d’anarchiste cupide, en somme.

      • OBSCURESCENCE
        2013/01/22 at 10:34

        La confusion vient d’une usurpation délibérée de ceux qui se disent aujourd’hui “libertariens” (en français dans le texte) ou “anarco-capitalistes” (on croit rêver!), une engeance ultralibérale qui surfe a contrario de toute considération sociale et solidaire, sur l’instauration d’un système d’abolition totale de gestion économique et sociale autre que celle du Marché.
        Ils se gaussent d’”anarchisme” au prétexte étymologique (mais anti-historique) d’un système “récusant toute forme d’état”. Ils font de même avec le mot “libertarien” et avec l’”individualisme”, mais évidemment pas pris comme “association libre et solidaire”, mais comme la somme des propriétés privées de tous contre tous, uniquement gérée par des principes contractuels et commerciaux.

      • Beaulieu
        2013/02/08 at 09:33

        Il faut traduire le terme “libertaire” par “libertarien”.

    2. costomiris
      2013/01/24 at 23:39

      Une fois qu’on a lu ça, il n’empêche que (volontairement ou non) l’Islande a quand même mieux gérer la situation que tous les autres pays concernés. Peut-être que ce n’est que contraint et forcé qu’elle n’a pas sauvé toutes ses banques, peut-être qu’elle n’a pas mis tous les fraudeurs en prison (au moins en-a-t-elle mis quelques uns…!), peut-être que sa croissance n’est pas si extraordinaire, il n’empêche, l’Islande a “failli” par rapport au modèle ultra-rigoureux mis en place actuellement dans tous les pays de l’Europe du Sud et l’Islande s’en sort mieux économiquement que tous ces pays (et faire la fine bouche sur une croissance qui n’est “que” de 2,7% pour 2012 et de 2,6% en 2011 lorsqu’en Grèce, la “croissance” est de –6.0% en 2012, après avoir été de –6.9% en 2011…et –3.5% en 2010… et –3.3% en 2009… franchement ça fait un peu enfant gâté). Alors si certains brandissent l’exemple islandais à la face des conservateurs, ce n’est ni par bêtise ou par complot, c’est pour montrer qu’une autre voie est possible.

      • 2013/01/25 at 00:44

        « Faire la fine bouche sur une croissance qui n’est “que” de 2,7% pour 2012 et de 2,6% en 2011 »
        Vous semblez rater le point important souligné par l’auteur : cette croissance est d’une part anéantie par l’inflation endémique et d’autre part est essentiellement due à une bulle immobilière. La reprise économique, je dirai productive, n’est pas au rendez-vous selon lui. Le pays ne se relève donc pas.
        Il est toujours important de placer les chiffres dans leur contexte, tout comme le PIB mesure une certaine richesse mais pas toutes les richesses et encore moins la réussite ou le bonheur de la zone concernée :)

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    5. dotcho
      2013/01/25 at 11:55

      Et si nous commençions par chercher des outils pour reconstruire une société nouvelle, protectrice de l’intérêt général ?

      une approche pourrait être le-message.org
      Je vous invite à être curieux !

      • spon
        2016/03/14 at 16:14

        mais arrétez avec ce genre de messages “si on cherchait à trouver des solutions gnagnagna”
        des solutions il y en a à la pelle.
        des moyens de les imposer beaucoup moins.

    6. VINCE
      2013/01/25 at 21:42

      En partant de tres bas, comme l Islande en ce moment, il est “facile” d’avoir une croissance de 2%.

      La croissance n est qu une evolution entre 2 annees est elle n est pas representatitive des sommes engagees.

      Cela dit, au final le fond du probleme est de croire que la croissance, la creation de richesse est l indicateur ultime. Les ressources ne dureront pas. J’y prefere l IDE, indicateur de developpement humanin et vous invite a vous renseigner

      • f.e
        2013/01/26 at 14:34

        ++ (même si je pense qu’il ne suffit pas… il est déjà moins à côté de la plaque)

    7. Niniane
      2013/01/26 at 19:17

      Merci pour cet article, même si maintenant, je déprime un peu…
      Je pense que , peut être, une des raisons de l’engouement de la toile pour la “révolution Islandaise”, c’est le formidable espoir qu’elle donne sur la possibilité d’une autre façon de faire les choses…

      • un autre con
        2013/02/01 at 18:46

        Contenu modéré

    8. gremlins
      2013/01/28 at 16:10

      bon article , on ne peut pas tout vérifier , il donne des infos et parle de l’Islande chose que tous les médias ne font pas….
      Oui comme dans toute révolution il y a des choses cachées ou arrangées.
      Je pense que l’espoir véhiculé par l’Islande est bien plus important dans cette période de crise .
      Changeons nos façons de penser , de diriger , de consommer , une nouvelle république est toujours un nouveau départ qui tire leçon du passe ce que l’Europe oublie un peu de faire
      Demandons nous aussi pourquoi , effectivement on en parles pas de l’Islande dans les médias principaux c’est plutôt cela qui est important de relevé …. Peut-être cela fait-il peur a ceux qui sont aux pouvoirs ?
      préfèrent-ils nous faire peur pour nous désunir ? …… a méditer

      • Cécile
        2014/10/11 at 17:34

        Je suis tout à fait d’accord avec toi gremlins (même si je le fais bien tardivement…) :-)
        On peut tous légitimement avoir un avis sur tout, avec chacun notre propre regard. On voit quoiqu’il en soit tous la même chose : plus rien ne va !! Les gouvernements se succèdent. Rien ne change et tout s’empire.
        Il faut bien sûr changer notre système politique et non changer d’homme politique pour penser rapidement à une VI république. La politique ne doit plus être représentative mais participative.
        Ce serai déjà un grand pas :-)

        Cécile

    9. Joe
      2013/01/28 at 17:02

      A la vue de ce qui a été exposé dans votre excellent article, que penser de cette décision de l’AELE?

      http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/01/28/l-islande-avait-le-droit-de-refuser-de-rembourser-les-epargnants-etrangers_1823572_3234.html

      • 2013/01/28 at 17:24

        Surtout lorsque l’on lit cela, en conclusion de cet article : « La Commission dit par ailleurs “se réjouir” du fait que le gouvernement islandais ait indiqué que les remboursements se poursuivraient, indépendamment du jugement. En vendant les actifs de Landbanski, l’Islande a déjà remboursé la moitié des sommes dues et espère régler la totalité d’ici à trois ans. »
        C’est conforme à ce qu’indiquait l’auteur islandais dans l’article que nous commentons ;)

        • Joe
          2013/01/28 at 17:35

          D’où ma question… on ne paie pas mais on paie quand même…

          • 2013/02/14 at 09:29

            proteger les epargnants ou rembourser les créanciers n’est pas la même chose, en Islande, ils protègent ceux qui ont été économiser de l’argent et non pas ceux qui spéculaient sur ​​la dette, la chose que vous devez comprendre, c’est que nous payons les dettes privées qui ne devraient pas être autorisés à devenir des dettes publique, l’Islande laisse les détenteurs de la dette faire faillite

            c’est une énorme différence, il ne fait pas de l’Islande anti-capatilist, bien au contraire, l’Islande est le seul pays qui a laissé le système fonctionne comme il se doit sans protéger les gros joueurs

    10. Ichy
      2013/02/01 at 00:47

      Ce sont les actifs de la banque qui seront utilisés. Le peuple ne participe pas au remboursement des créanciers alors que c’est malheureusement le cas dans tous les autres pays européens. En Belgique en fin 2012 par exemple avec quelques 5 milliards à Belfius.

      • 2013/02/01 at 01:19

        Comment les actifs pourraient-ils rembourser la totalité ? Si je ne m’abuse, si ça avait été possible elle n’aurait pas sombré. Dans les articles qu’on peut lire, il y est question d’une tournure comme celle-ci : « L’Islande a déjà remboursé la première partie en utilisant les actifs de Icesave. » Ce que l’on peut tout à fait interpréter comme le fait que cette première partie est terminée en même temps que la vente des actifs. Il n’y en a donc plus.

    11. zenate
      2013/02/02 at 00:07

      Cette vidéo apporte un autre point de de la part du président du pays
      http://www.youtube.com/watch?v=3-RjpdQwOu0&feature=player_embedded !

    12. Marius
      2013/02/02 at 19:21

      Écoutons le président de l’Islande, Olafur Ragnar Grimsson, interviewé à Davos :

      “Nous avons laissé les banques faire faillite [...] pourquoi considérez-vous les banques comme des églises modernes ? Pourquoi les banques privés sont-elles traitées différemment des compagnies aériennes ou de télécommunications qu’on autorise à faire banqueroute si elles ont été géré de manière irresponsable ? La théorie selon laquelle vous devez renflouer les banques est une théorie qui laissent les banquiers jouir du succès de leurs profits et laissent leurs défaillances aux gens ordinaires à travers des taxes et de l’austérité.”

      La vidéo : http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=3-RjpdQwOu0

    13. Mathieu
      2013/02/07 at 16:06

      Article intéressant s’il en est, mais une question me taraude : pourquoi prenez vous ouvertement vos lecteurs pour des cons ? J’ai failli fermer la page plusieurs fois à cause du ton que vous prenez.
      C’est peut être votre style d’écriture, mais quand on tombe sur cette page au détour d’un lien donné par un ami, c’est peu reluisant.

      • 2013/02/07 at 16:24

        Je ne voudrai pas être désobligeant, mais il est écrit en début du texte et au pied du texte, à la fois le nom de l’auteur mais aussi que c’est une traduction. Vous vous doutez bien que je ne suis pas islandais vu que ce blog est essentiellement écrit en français ici, et en français-anglais sur Facebook…
        Alors bon, les lecteurs… ;)

        • Mathieu
          2013/02/07 at 17:49

          Ceci explique donc cela. Toutes mes excuses ;)

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    15. Moufassa33
      2013/02/14 at 19:12

      Bravo a l’auteur pour cette excellente article!
      J’en ai marre de cette propagande musulmane anti-capitaliste!!!qui flood youtube et les sites conspirationnistes.
      Sa commencer avec les Juifs qui contrôle le monde,un peuple au très grand nombre d’à peine 13.5 millon.
      Après les méchants chrétiens Sionistes banquier,les Francs maçons,les Illuminati et pour finalement être rendu au méchant capitaliste qui nous contrôle comme des esclaves.

      Propagande et Taqqiya,tous les moyens sont bon pour nous convertir.

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    17. 2013/03/12 at 01:57

      L’article a été actualisé pour y inclure une publication de l’agence Pressenza.

    18. BENOIT
      2013/03/28 at 10:03

      Par contre, ce qui est vrai, c’est que les gros médias ne parlent pas du tout de l’Islande. Là dessus on est bien d’accord.

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    20. Observateur
      2013/04/19 at 17:27

      Pour ma part, à la lecture de cet article je me demande et lui alors qu’est ce qui prouve qu’il dit vrai?
      En fait tout ceci est une mascarade, une grosse blague, du théatre et c’est tout… ou presque

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    22. shalkys
      2013/04/20 at 01:06

      Plus que l’économie Immobilière, il faudrait rajouter celle de l’énergie, explosion des marchés, mais grosse pollution de contrepartie (pêche devenu impossible à certains endroit…). C’est sans doute même la source de ce (faux) changement (L’Islande possède des sources énergétiques parmis les plus puissante du monde), laisser espérer une révolution et reprendre bien plus derrière… On trouve des témoignage (youtube) pas très enthousiasme sur le changement de l’Islande après le passage des compagnies d’exploitations.
      http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89nergie_en_Islande

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    24. Arthur
      2013/09/13 at 10:48

      “Je ne sais pas. Ma théorie, appuyée sur les noms de ceux qui semblent être les sources des plus grands mythes, c’est qu’il y a un groupe d’Islandais manifestement en train de mentir aux étrangers.”

      Je crois que c’est bien plus simple que ça. En tout cas en ce qui concernent les français, l’Islande a été travesti pour donner l’illusion que “d’autres solutions sont possibles”. “Regardez, eux l’ont fait !”, le refrain habituel.

      Ériger une nation -méconnue pour 95% des français- en héros pour oublier les insurmontables faiblesses du colosse bureaucratique aux pieds d’argiles immonde qu’est le vieux continent…

      Brazil de Terry Gilliam, a revoir… Et merci pour cet article.

      • sibeles
        2016/05/28 at 00:52

        donner l’illusion que “d’autres solutions sont possibles”…. il vaut mieux qu’il y en ait, des solutions, parce sinon, nous sommes morts, et pas au sens figuré: entre le rechauffement climatique qui s’emballe, les flots de réfugiés qui de ce fait ne fera que croitre, les frustrations sociales et le sentiment d’injustice insupportable généré par le systeme économique actuel,la haine qu’ils engendrent, nous allons à la guerre (civile ou pas).Alors oui, le cas Islandais a retenu l’attention parce qu’il donnait l’impression que le peuple pouvait peser s’il se mobilisait.Ça s’appelle un espoir, et c’est juste ce dont on a besoin…

    25. Pingback: Bqlek | Pearltrees

    26. antoine (un autre)
      2014/01/23 at 16:55

      c’est qe qu’il explqiue dans cet article, ça ne s’est pas passé comme ça

    27. antoine
      2014/01/23 at 16:57

      débile ton commentaire. justement l’auteur explique que rien ne s’est passé de très socialiste, mais que le capitalisme a encore plus appauvri les islandais qu’on ne le pensait.

      back to school, man. u’ll feel better after

    28. dhrun
      2014/05/13 at 15:11

      Pourquoi tergiverser sur la croissance plus ou moins générée par les entreprises ou l’immobilier ? le but du jeu était il de redémarrer un système basé sur la croissance ? comme avant pour plus vite retrouver les rangs de ceux qui vont toujours droit dans le mur ? La propriété de quelques uns, la richesse d’encore moins, la croissance… halalalala….

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    30. Tom
      2014/08/21 at 17:57

      Ce dont il n’est jamais question dans ces débats, et qui est pourtant le plus important, c’est la question des ressources, et en particuliers des ressources énergétiques.
      N’importe quel État moderne, quel qu’il soit, qui consomme gaz,pétrole et/ou uranium, vous le coupez des marchés des capitaux, vous le mettez en autarcie, et il s’effondre, parce que très vite il ne peut plus financer son approvisionnement énergétique. Et là, d’un seul coup, vous avez une inflation galopante et un niveau de vie et de services qui chute à vitesse grand V.

      L’Islande s’en sort relativement bien et ne s’effondre pas trop parce qu’elle est presque indépendante énergétiquement. Mais c’est une exception.

      • Jules
        2014/08/22 at 23:58

        Les marchés de capitaux ‘classiques’ et les marchés de sources d’énergie primaires, ce n’est pas la même chose. Un pays peut très bien fonctionner (en théorie) en vendant une production (ou même des services) locale dans une devise qui lui permet d’acheter de l’énergie. C’est d’autant plus facile s’il s’allie avec d’autres pays qui luttent également contre les grands groupes financiers internationaux. C’est un peu ce qui se passe en Amérique latine, où un pays comme le Venezuela fournit un pétrole assez bon marché à ses voisins.

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    32. Pingback: Crise financière | Pearltrees

    33. 2015/07/26 at 18:37

      “Il suffit de regarder la page de la synthèse du FMI pour l’Islande et de lire les rapports.”… Laissez moi rire!!!…. Ou comment demander au loup ce qu’il pense de la liquidation des moutons. Pffff…

    34. Laplume
      2015/08/19 at 08:47
    35. Pingback: Facts | Pearltrees

    36. 2015/11/11 at 03:25

      Ce qui m’ intéresse surtout dans cette histoire, c’est pourquoi une nouvelle constitution, et des personnes élus venant directement du peuple??? Avez vous quelque chose a rajouter a ce sujet, qui pour est plus énigmatique que l’histoire de la crise financière.

    37. Pingback: International - evancholvy | Pearltrees

    38. 2016/02/22 at 08:44

      “Non, ce n’est pas le cas. Il suffit de regarder la page de la synthèse du FMI pour l’Islande et de lire les rapports.”
      Et vu l’importance de cette instance internationale, il n’est pas possible de penser que ce rapport puisse ne pas être totalement objectif.
      Permettez moi d’être dubitatif.

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    40. Jean Tirole
      2016/04/14 at 01:49

      Cet exposé est très intéressant !

      Cependant, qu’il y ait croissance économique sans hausse des salaires c’est une chose, mais j’ai du mal à saisir l’origine de l’inflation en Islande ? Si les salaires ont tendance à baisser, comment l’inflation peut-elle perdurer ? Pourquoi les prix (immobiliers compris) ne suivent-ils pas ? Si bien bien entendu les prix fixent le taux d’inflation, ces derniers sont définis -pour faire simple- a l’aide de la loi de l’offre et de la demande, autrement dit les prix s’indexent d’une certaine manière sur les salaires de ceux susceptibles de payer.

      Je n’ai pas malheureusement pas eu le temps de consulter tous les documents mis en ligne, et mon islandais est médiocre.

      Bonne soirée

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    42. lardwin
      2016/07/20 at 22:47

      mort à l’argent , si l’Islande ne le fait pas , ce sera chaque citoyens du monde , qui pensera et engendrera le monde de demain , celui qui nous aidera tous , sauvera aussi bien la nature et l’Homme de cette faillite humaine et de cette oligarchie à un niveau mondial

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